Pour la première fois, je me suis rendu à Lyon spécifiquement pour découvrir sa fête des lumières qui jouit d’une très bonne réputation. J’ai pu vérifier par moi-même que cette réputation était méritée! Suivez le guide!

D’abord, bien sûr, il faut se renseigner et décider quels sont les principaux points d’intérêts de cette manifestation qui a lieu dans doute la ville. Connaissant un peu Lyon, je me dirige tout naturellement vers le Parc de la Tête d’Or que je sais abriter plusieurs installations et que j’aime beaucoup. Depuis sa découverte, je me suis souvent amusé à l’appeler le Central Park de Lyon.

Mais l’accès n’est y pas aisé. Un pont mélangeant canal, voie rapide, pistes cyclables et passages piétons barre le chemin. J’arrête une joggeuse en récupération pour lui demander comment aller de l’autre côté du pont pour rejoindre le parc. J’ai de la chance. Bien que pas de Lyon, elle connaît très bien la région, la fête des lumières et m’indique précisément les points d’intérêts et la trajectoire que je pourrais suivre. Et, bien sûr, la façon d’accéder à l’entrée du Parc de la Tête d’Or.
Il me faudra patienter un petit peu car le parc ouvre ses portes à 18h à l’occasion du festival. Je ne m’y étais pas préparé, mais le début de la file d’attente venait à peine de se former quand je suis arrivé. 30 minutes de discussion avec des touristes français du sud-ouest de la France et voilà la fête des lumières qui commence!

L’atmosphère magique du parc reste intacte. Mais les installations ne sont pas très impressionnantes. J’apprécie quand même énormément de le traverser avec tout ce monde égayé et ces lumières qui surgissent de partout.
Le trajet des attractions est court. On se retrouve vite à la sortie et la trajectoire pour le retour est imposée. On passe devant Interpol, au bâtiment toujours aussi impressionnant, et on se retrouve dans un grand axe de la Presqu’Île (c’est à dire, l’hyper-centre de Lyon).
Sur le chemin, je tombe sur une installation fascinante qui me rappelle l’univers des jeux vidéos de science fiction. En l’occurence, un jeu culte, Half-Life. Il s’agit d’un container industriel de petite taille avec un éclairage led puissant de 247’500 lumens!

L’avertissement qui figure devant la porte scellée est sérieux, mais il aide aussi à entrer dans l’univers multi-dimensionnel de l’installation… Voyez par vous-même mais restez prudent. par les temps qui courent, vous entrerez peut-être dans une autre dimension de notre multivers…
Avant de poursuivre le voyage vers la Place des Terreaux, où se trouve le musée des Beaux-Arts de Lyon, je vérifie l’heure et l’aspect des passants. Non, je crois être resté dans le même univers. Même si, il faut le reconnaître, cette virée à Lyon m’a porté plutôt chance par la suite, comme si j’habitais une occurrence de moi-même portée par une étoile bienveillante. Mais c’est une autre histoire.
Après une attente insignifiante, j’arrive donc sur la place où se prépare un show de projection. De ce que j’ai vu jusqu’ici, je m’attends à quelque chose de sympathique mais plutôt banal. C’est là que j’ai reçu une grande gifle. Une gifle de joie et de fascination!


L’équipe de production de ce spectacle a fait un travail titanesque. Ils ont pris des figures représentées dans différents portraits exposés dans le musée et les ont animées pour les faire chanter. Epoustouflant! On commence par Paroles, de Dalida.
« Caramels, bonbons et chocolats
Par moments, je ne te comprends pas
Merci, pas pour moi mais tu peux bien les offrir à une autre
Qui aime le vent et le parfum des roses
Moi les mots tendres enrobés de douceur
Se posent sur ma bouche, mais jamais sur mon coeur
Une parole encore
Paroles et paroles et paroles
Écoute-moi
Paroles et paroles et paroles
Je t’en prie
Paroles et paroles et paroles
Je te jure
Paroles et paroles et paroles et paroles et paroles
Et encore des paroles que tu sèmes au vent »
Voilà qui est dit.
S’ensuit un Eminem, My Name Is, courant d’un mur à l’autre, se rendant difficile à saisir du bout de mon Huawei. Cet excellent morceau tire une bonne partie de son groove du morceau original échantillonné par le rappeur. Il s’agit du tube Labi Siffre, I Got The… (1975) que j’ai découvert grâce à la série Better Call Saul. Celles et ceux qui l’ont vue s’en rappelleront peut-être. C’est la musique qui accompagne le personnage Saul Goodman dans l’épisode où, accompagné de Mike Ehrmantraut, il est forcé à boire sa propre urine pour survivre dans le désert.
Ne manquant pas d’humour, les réalisateurs nous présentent une version de Baby One More Time de Britney Spears qui commence plutôt bien, mais qui finit massacrée par une malheureuse joueuse de flûte que je n’ai pas réussi à repérer, comme la plupart des personnes mises en mouvement. Cette séquence est sans aucun doute inspirée d’un « même » internet qui consistait à massacrer des classiques de la musique populaire ou classique en y ajoutant une flûte très mal jouée. En français, « merdiflute », en anglais, « shittyflute ». Il y a même eu l’expression « merdifluter un morceau » ou « to shittyflute a song ».
J’en pleure de rire, mais ce n’est que le début. Le plat de résistance arrive alors. Apparaît une fantastique reprise du morceau culte de Philippe Katerine, Louxor, chanté par une impressionnante animation de Louis Janmot, peintre de l’une des pièces maitresses du Musée des Beaux Arts, La Fleur des champs.


« J’adore
Regarder danser les gens
Ah, je trouve ça fascinant
Au bar du Louxor
Regarder danser les gens
Ah! J’adore, j’adore, j’adore, j’adore, j’adore, j’adore
Et je coupe le son (ooh)
Et je remets le son
Et je recoupe le son (ooh)
Je remets le son
J’adore
J’adore, j’adore, j’adore, j’adore
Et je coupe le son » (extrait de Philiphe Katerine, Louxor).
Louis Janmot et La fleur des champs sont les seuls deux personnages animés, à une exception près, que j’aurai pu identifier sans difficulté lors de ma visite du musée le lendemain. L’exception en question imite Angus Young en train de chanter la sans doute plus célèbre chanson de AC/DC, Highway to Hell. Head bang de rigueur!
Je tombe lors de ma visite de l’exposition permanente des Beaux Arts de Lyon nez à nez avec le portrait… d’un inconnu. Pas de doute, c’est bien lui! C’est un chevalier de l’ordre de Saint-Michel qui était fort loin de se douter qu’on allait lui faire chanter un peu moins de quatre siècles plus tard l’une des chansons les plus cultes du hard rock.


En sortant de la place des Terreaux et en me dirigeant en direction de la Place des Jacobins qui abrite une installation de peu d’intérêt, je passe devant l’église de St-Nizier et suis je accroché par la lumineuse pancarte « merci marie ». L’utilisation de la culture Pop Art pour faire rentrer de potentiels nouveaux fidèles aura réussi. De Marie ou Andy Warhol, je ne sais pas qui se retourne dans sa tombe. Je franchis la porte de l’église et j’y passe un moment, à écouter les « Alleluia » d’une chorale d’adolescents et à discuter avec des paroissiens très sympathiques et souriants.

Ils m’auront suffisamment retenu pour que j’arrive deux minutes en retard à la Cathédrale Notre-Dame de Fourvière où l’espérais y voir la toute dernière projection de cette saison des fêtes de lumières. Mais il y a un lot de consolation, et pas des moindres. J’admire une fabuleuse vue sur le Vieux Lyon et la Presqu’Île. Sans compter sur le plaisir de prendre le funiculaire qui part de la Cathédrale Saint-Jean, plein à craquer de gens en fête.


Ainsi s’acheva cette magnifique soirée passée à la fête des lumières de Lyon. Maintenant est venu le moment de fêter Noël puis de retrouver ses amis pour la Saint-Sylvestre avant d’entamer une nouvelle année 2023 que l’on espère riche, sereine et prospère pour toutes et tous!
Je ne dirais qu’une chose, j’étais à la fête des lumières en lisant ton texte ! Bravo