Cette ville attire beaucoup les Européens. J’étais l’un d’entre-eux. Mais c’est loin, et c’est cher. Jusqu’à une offre pour Pâques de KLM qui proposait de s’y rendre pour… 600 francs aller-retour! C’était pendant les vacances scolaires de Pâques 2006. Maintenant, cela me choque. La crise du covid et la prise de conscience de l’urgence climatique sont passés par là. Mais en 2006, on n’y réfléchissait pas encore. Tout du moins, je n’y réfléchissais pas encore. Alors, zou, c’est parti pour 18 heures de voyage, escales comprises! Car oui, en effet, c’est vraiment loin San Francisco. Je m’en rendrai compte une deuxième fois, lors de mon post-doc en 2010-2011 à New York, en me rendant à San Jose pour une conférence. Un vol domestique de 8 heures, dans un avion rempli complètement overbooké rempli à craquer, avec des cacahouètes comme seul menu.
Cette fois-ci, en revanche, bien que long, le vol était plutôt agréable. Néanmoins, après deux ou trois jours d’émerveillement, l’ennui m’a gagné. Le centre-ville de San Francisco est relativement petit. Y rester une semaine, sans contacts, était trop ambitieux. Puis, la morosité sociale devient vite envahissante, avec la misère des homeless qui rappelle avec violence que les Etats-Unis est le pays occidental où règnent les plus grandes disparités sociales. J’aurai fini mon séjour à regarder la dernière saison de The Shield dans mon hôtel au style victorien très agréable.
Néanmoins me reste-il le souvenir de ces photos, d’une belle ville, très européenne et très romantique. C’était mon erreur d’attendre une mégapole bouillonnante comme New York. Le rythme à San Francisco est plus lent. Et c’est sans aucun doute une ville très agréable à vivre au quotidien.